Rapport annuel 2025 des cliniques Suva

Les cliniques Suva clôturent l’exercice 2025 sur un résultat positif. Cette évolution s’explique notamment par la stabilité de l’activité ainsi que par l’ancrage durable des mesures mises en œuvre au cours de l’année précédente.

Aux côtés de
nos patientes et
patients

Éditorial Daniel Roscher

Le bilan du CEO

Chiffres clés et statistiques

L’exercice 2025 pour la Clinique romande de réadaptation

L’exercice 2025 pour la Rehaklinik Bellikon

 

Éditorial de Daniel Roscher

Nous sommes sur la bonne voie

Malgré un contexte difficile, les cliniques Suva de Sion et Bellikon clôturent l’exercice 2025 sur un résultat global très réjouissant. Certains effets positifs du rapprochement sont dès à présent perceptibles. Les conditions sont réunies pour exploiter d’autres synergies potentielles et réaliser des gains d’efficience supplémentaires en 2026.

En 2025, les principaux chiffres clés et le résultat global des deux cliniques Suva ont évolué favorablement. Après un exercice 2024 décevant sur le plan financier, cette progression est d’autant plus satisfaisante. Elle montre aussi que les mesures immédiates engagées par le conseil d’administration et la direction des cliniques au début de l’année ont porté leurs fruits et ouvert la voie à des améliorations.

Au cours de l’exercice sous revue, le rapprochement des cliniques de Sion et Bellikon sous une stratégie commune s’est poursuivi. De tels processus de transformation prennent du temps et s’accompagnent au début d’investissements financiers et en personnel. Mais de premiers effets apparaissent aujourd’hui. Ainsi, l’uniformisation et l’augmentation de qualité qui en découle au niveau de la gestion financière améliorent nettement le management des deux cliniques. Dans ce contexte, les optimisations et synergies réalisées en 2025 dans le reporting des risques et d’autres domaines de la gouvernance d’entreprise (règlements, directives) jouent également un grand rôle. Sur le plan financier, un autre élément déterminant réside dans la nouvelle gestion immobilière commune, grâce à laquelle toutes les adjudications se font désormais de façon centralisée. Par ailleurs, afin de garantir la coordination stratégique et d’accélérer encore la transformation des deux cliniques, nous avons élaboré en 2025 un concept de gestion. Les gains d’efficacité opérationnels qui en résultent commenceront à porter leurs fruits au cours de l’exercice 2026.

Le rapprochement des cliniques de Sion et Bellikon et les effets positifs associés sont pour nous d’une importance cruciale. Les cliniques sont et restent un élément indispensable de la stratégie de la Suva. Elles se concentrent sur la réadaptation et la réinsertion de patientes et patients gravement blessés, s’appuyant pour cela sur le très haut niveau de spécialisation qu’elles ont acquis au fil des années et qui les distingue sur ce marché. Celui-ci a été particulièrement visible lors de la tragédie du Nouvel An dernier à Crans-Montana. Ainsi, après les soins aigus, de nombreux grands brûlés ont rapidement pu être admis à Sion et Bellikon. Une telle prise en charge a été possible parce que les deux cliniques sont hautement spécialisées depuis longtemps dans le traitement des victimes d’incendie. Dans une situation d’urgence comme celle-ci, le rapprochement et le développement commun de ces prestations de pointe ont permis d’agir de manière solidaire, en faisant abstraction des barrières linguistiques, et d’offrir une aide rapide et efficace.

Si nous nous tournons vers l’avenir, 2026 ne manquera pas non plus de projets stratégiques et d’évolutions. Ainsi, la Suva élaborera, entre autres, une nouvelle stratégie de propriété pour les deux cliniques. A cet égard, un aspect décisif sera d’assurer la pérennité financière, notamment en tenant compte des investissements à moyen et long terme. De manière générale, les défis financiers resteront une préoccupation majeure en 2026. Les cliniques Suva y sont particulièrement confrontées dans la mesure où les tarifs Reha en vigueur ne prennent pas correctement en compte leur haut niveau de spécialisation. Par conséquent, l’une de nos missions est de représenter encore mieux, au niveau des chiffres, les processus des cliniques ayant trait à la prise en charge de cas majoritairement très complexes. L’objectif: créer une base de données probante pouvant servir à l’ajustement de ces tarifs. Indépendamment de cette question, l’optimisation des processus demeure une tâche permanente essentielle.

Le marché de la réadaptation est concurrentiel. Augmenter en continu la qualité et l’efficacité des prestations est une condition indispensable pour faire perdurer le succès des cliniques Suva.

Daniel Roscher
Membre de la direction de la Suva
Chef du département gestion des cas et réadaptation
Président du conseil d’administration des cliniques Suva

 

Le bilan du CEO 

L’union fait la force

Dans l’ensemble, les cliniques Suva ont connu une évolution favorable au cours de l’exercice 2025. Le rapprochement opérationnel de la Clinique romande de réadaptation (CRR) et de la Rehaklinik Bellikon (RKB) s’est poursuivi et porte ses fruits. Ainsi, les mesures mises en œuvre ont sensiblement amélioré le résultat financier par rapport à l’année précédente.

Collaboration et orientation stratégique

En 2025, l’un des grands axes a été le renforcement de la collaboration entre les sites. La stratégie 2024-2027 a posé des bases claires pour continuer à concrétiser l’orientation commune, consolider la culture d’entreprise et établir les cliniques Suva comme un réseau de prestations intégré.

Afin d’exploiter les synergies, des projets essentiels ont été promus: coordination des thèmes médicaux prioritaires, enrichissement des offres de prestations et optimisation des processus communs. En parallèle, les cliniques Suva ont participé activement à l’adaptation de la structure tarifaire «ST Reha». Si «ST Reha 3» a apporté de premières améliorations, surtout pour les cas complexes, bien du chemin reste encore à parcourir.

Evolution opérationnelle

Des progrès ont également été réalisés sur le plan des ressources humaines. Au cours de l’année, la situation s’est détendue, notamment dans le domaine des soins infirmiers. Grâce à des mesures ciblées et l’élargissement de l’équipe, les besoins en main-d’œuvre qualifiée permanente ont été largement couverts, ce qui a permis de réduire le recours au personnel temporaire.

Le transfert du stationnaire à l’ambulatoire est resté un thème majeur. Les deux sites ont revu leurs offres en conséquence: désormais, ils accompagnent les patientes et patients sur l’ensemble du processus de réadaptation. Le centre de compétences pour l’insertion professionnelle à Saint-Gall a de plus permis de franchir une nouvelle étape vers une prise en charge à proximité du domicile.

Principaux chiffres-clés

Au total, 2’886 patientes et patients ont bénéficié d’une prise en charge stationnaire et 14’265 d’un traitement ambulatoire. Par rapport à l’année précédente, cela représente une hausse de 3,3 pour cent dans le domaine stationnaire et de 12,2 pour cent dans le domaine ambulatoire. Le nombre de journées d’hospitalisation a également progressé de manière significative, passant de 126’665 à 135’909 jours, soit une augmentation de 7,3 pour cent. Le taux d’occupation des lits s’est établi à 94,2 pour cent. Les produits d’exploitation ont atteint 187,3 millions de francs en 2025. En moyenne annuelle, les cliniques Suva ont employé 1’297 collaborateurs et collaboratrices. Avec 114 places de formation, elles contribuent en outre de manière importante à la relève dans le domaine de la santé.

Ce résultat a notamment été soutenu par l’augmentation du nombre de journées d’hospitalisation ainsi que par la poursuite de la stabilisation des effectifs. La diminution du recours au personnel temporaire a en particulier contribué à renforcer la continuité des activités et l’efficience opérationnelle.

Cap sur un développement durable

Le résultat positif de 2025 ne pourra toutefois pas être pérennisé à l’avenir par le seul effet de fluctuations à court terme. Les cliniques Suva poursuivent ainsi leurs investissements ciblés dans la qualité des prestations médicales et thérapeutiques, dans le développement de leurs collaborateurs et collaboratrices ainsi que dans la formation de futurs professionnels. Les exigences envers le système de santé n’ont cessé d’augmenter ces dernières années. Dans ce contexte, il est essentiel de continuer à utiliser les ressources de manière responsable et de faire évoluer les conditions-cadres afin de garantir durablement une prise en charge de haute qualité et efficiente des patientes et patients.

Réadaptation après l’accident de Crans-Montana

Au cours du premier semestre 2026, les cliniques Suva ont pris en charge la réadaptation de nombreuses personnes gravement brûlées à la suite de l’accident survenu à Crans-Montana. Seules les deux cliniques de Suisse spécialisées dans la réadaptation des personnes brûlées, elles accompagnent les patientes et patients concernés grâce à une expertise reconnue et à une étroite collaboration interdisciplinaire. Actuellement, 10 patientes et patients sont hospitalisés, 13 admissions supplémentaires sont prévues et 17 personnes ont déjà achevé leur réadaptation. Cette situation exceptionnelle a une nouvelle fois mis en évidence les compétences médicales et le fort engagement des équipes des cliniques Suva.

Perspectives

Malgré ces progrès, le contexte reste difficile. Début 2026, les cliniques Suva ont été particulièrement sollicitées à la suite de l’incendie de Crans-Montana. Grâce à l’étroite collaboration entre les sites, il a été possible de débloquer rapidement des capacités supplémentaires et de prendre en charge les victimes.

Ces évolutions confirment que nous sommes sur la bonne voie. Dans le même temps, nous avons toujours pour mission d’assurer une réadaptation hautement spécialisée, fiable et de qualité, alors que les conditions-cadres ne cessent de changer.

Je tiens à remercier particulièrement nos collaboratrices et collaborateurs qui, chaque jour, font preuve d’un engagement sans faille et mettent leurs compétences spécialisées au service du bien-être de nos patientes et patients.

Dr Gianni Roberto Rossi
CEO cliniques Suva

 

Chiffres clés et statistiques

L’aperçu ci-dessous fournit quelques statistiques et chiffres importants.

Au cours de l’exercice sous revue, les cliniques Suva ont traité 2886 patientes et patients en stationnaire et 14 265 en ambulatoire, soit une hausse de 93 en stationnaire et de 1550 en ambulatoire par rapport à l’exercice précédent. La durée de séjour s’est élevée à 135 909 jours (année précédente : 126 665), le taux d’occupation des lits à 94,2 %. La durée de séjour moyenne est passée de 45 à 47 jours.

Chiffres clés

En moyenne en 2025, les cliniques Suva employaient 1297 personnes, ce qui correspond à 1062 équivalents temps plein. La part de femmes était de 71 %. Les deux cliniques offrent au total 114 places d’apprentissage.

Personnel

On constate une bénéfice de 4,8 millions de francs pour des produits d’exploitation de 187,3 millions de francs. Ceux-ci contiennent les produits des traitements stationnaires (142,2 millions de francs), ceux des traitements ambulatoires (35,3 millions de francs) et les autres produits d’exploitation (10,1 millions de francs). Les charges d’exploitation s’établissent à 182,4 millions de francs, dont 133,4 millions pour les charges de personnel et 37,6 millions pour les autres charges d’exploitation. Les dépenses d’investissement et les frais financiers s’élèvent à 11,5 millions de francs.

Chiffre d’affaires

 

L’exercice 2025 pour la Clinique romande de réadaptation

Adapter nos structures pour préparer l’avenir

Dans un contexte tarifaire en mutation, l’année 2025 a marqué une étape déterminante pour notre clinique. Conformément à notre stratégie, nous avons poursuivi le développement de notre capacité d’accueil en ambulatoire. Dans le même temps, nous avons étoffé notre offre thérapeutique et développé notre réseau de partenaires. Ces évolutions renforcent notre expertise et contribuent à adapter notre organisation aux situations les plus complexes.

Le virage ambulatoire engagé ces dernières années s’est poursuivi avec conviction. Le développement de la réadaptation de jour, soutenu par six studios supplémentaires, permet d’accompagner des patientes et patients disposant d’un degré d’autonomie suffisant en leur offrant un encadrement spécialisé sur mesure. Cette organisation contribue à réserver les lits stationnaires aux situations nécessitant une hospitalisation complète.

Parallèlement, nous avons achevé un important processus d’adaptation de notre offre stationnaire. La médicalisation des lits du bâtiment P permet désormais une meilleure prise en charge de patients présentant des atteintes sévères dans les domaines musculosquelettique et neurologique. Notre capacité d’accueil en réadaptation neurologique a été portée de 32 à 48 lits. Cette évolution s’est accompagnée d’une réorganisation des unités et d’un renforcement des équipes afin de garantir un suivi médical intensifié et une qualité de soins constante.

Notre offre thérapeutique a également été enrichie par la mise en place d’une prise en charge transdisciplinaire des troubles neurologiques fonctionnels, incluant notamment l’introduction encadrée de thérapies psychédéliques, ainsi que par l’acquisition de systèmes robotisés de rééducation à la marche et des membres inférieurs.

Face à des situations et à des trajectoires de vie toujours plus complexes, la fluidité des parcours de soins constitue un enjeu crucial. Elle implique une coordination étroite avec nos partenaires de référence. Dans cette perspective, la signature d’une déclaration d’intention avec le CSP de Nottwil (Centre suisse des paraplégiques) renforce notre réseau pour la prise en charge des patients paraplégiques.

Au cœur de ces transformations se trouve la volonté de placer les personnes au centre de leur réadaptation. En témoigne le développement de séances toujours plus transversales, où des spécialistes de différentes disciplines collaborent autour d’une vision globale pour chaque patientes et patients. Des tableaux interactifs ont également été installés dans les chambres, afin de leur permettre de jouer un rôle plus actif dans leur parcours de soins.

Aucun de ces progrès ne serait possible sans l’engagement de nos collaboratrices et collaborateurs. Les mesures engagées pour renforcer notre attractivité, notamment l’adaptation des horaires et l’évolution de notre culture managériale, portent leurs fruits : les équipes soignantes sont aujourd’hui complètes et leur cohésion interne s’est consolidée.

C’est sur ces fondations solides que nous abordons 2026, avec un comité de direction recomposé. Ensemble, ils forment une équipe aux forces complémentaires engagée pour l’avenir de la réadaptation et déterminée à offrir le meilleur à nos patients. Leurs expertises, leur leadership et leur attachement aux valeurs des cliniques Suva seront autant d’atouts pour piloter la clinique avec humanité et efficacité, afin de poursuivre notre dynamique de développement et d’excellence.

Dario Andenmatten
Président du Comité de direction
Dre Maria Iakova
Chief Medical Officer
Valentine Bregy
Chief Nursing Officer

 

L’exercice 2025 pour la Rehaklinik Bellikon

De grands progrès

De nombreuses mesures stratégiques, mises sur les rails en 2024 et déployées en 2025, portent à présent leurs fruits. L’effet est particulièrement positif dans le domaine du personnel.

La pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans les soins infirmiers reste un défi majeur pour le secteur de la santé. Il est donc d’autant plus réjouissant que la Rehaklinik Bellikon ait réussi à pourvoir tous les postes vacants dans ce domaine dès fin septembre 2025. Ce résultat est le fruit d’efforts intensifs engagés en 2024 et poursuivis de façon prioritaire au cours de l’exercice 2025. L’un des principaux piliers de cette évolution est la forte augmentation des places d’apprentissage. Fait particulièrement satisfaisant: même des collaboratrices et collaborateurs de longue date saisissent cette occasion de se développer professionnellement. Un autre grand pilier réside dans le déploiement de différentes mesures organisationnelles. Par leur action conjuguée, celles-ci renforcent l’accent sur les soins infirmiers, optimisent les conditions de travail et permettent une planification plus flexible des ressources. Conséquence: la Rehaklinik Bellikon a pu – comme elle le souhaitait – arrêter de recourir à du personnel temporaire, ce qui se traduit par d’importantes améliorations, tant sur le plan opérationnel que financier.

Parmi les bonnes nouvelles en matière de ressources humaines figure également l’arrivée du Dr Alexander Truschkat en novembre 2025. La Rehaklinik Bellikon est fière d’avoir pu recruter ce spécialiste chevronné en qualité de responsable du service Réadaptation orthopédique et chirurgie de la main (ROM) et de vice-CMO. Il remplace à ces deux postes le Dr Felix Tschui, qui a pris sa retraite après de longues années d’engagement pour la RKB.

Un nouveau site pour l’intégration professionnelle en Suisse orientale

En 2025, la Rehaklinik Bellikon a continué à faire évoluer à tous les niveaux l’axe stratégique «L’ambulatoire avant le stationnaire». En février, l’ouverture officielle du centre de compétences pour l’intégration professionnelle à Saint-Gall a marqué une étape décisive. Avec celui de Coire déjà bien établi, la Rehaklinik Bellikon dispose donc désormais de deux sites en Suisse orientale et sud-orientale proposant une offre indispensable de réinsertion professionnelle à proximité du domicile et du lieu de travail. Les échanges conceptuels et l’étroite collaboration organisationnelle avec l’AI garantissent que les services et les processus des centres de Coire et de Saint-Gall répondent de manière optimale aux besoins de l’AI et de ses assurés.

Plus de confort pour les titulaires d’une assurance complémentaire

Enfin, pour continuer à améliorer le confort des patientes et patients, la RKB a enrichi en 2025 sa gamme de prestations et ses «guest relation services» pour les personnes assurées à titre privé. Résultat: dans la zone d’accueil, un salon privé moderne offre une ambiance agréable pour lire et travailler entre les traitements. Il suffit de regarder les chiffres pour comprendre l’importance de telles mesures: aujourd’hui, près d’un quart des patientes et patients de la RKB ont une assurance privée, et la tendance est à la hausse.

Oliver Bergamin
Président du comité de direction
Dr Christian Sturzenegger
Chief Medical Officer
Manuela Tuchschmid
Chief Nursing Officer

 

Nos programmes de réadaptation sont conçus pour répondre aux besoins individuels des patientes et patients, afin qu’ils puissent retrouver une vie normale et reprendre le travail dès que possible. À travers les témoignages de deux patients présentés ci-dessous, nous vous montrons à quoi peut ressembler ce parcours. Nos activités de recherche font également partie intégrante de la réadaptation complexe après un accident. Vous trouverez d’autres exemples de notre travail sur suva-clinics.ch ou sur les pages des réseaux sociaux de la Clinique romande de réadaptation et de la Rehaklinik Bellikon.

De la recherche à la pratique : faire progresser la réadaptation

Améliorer concrètement et de manière mesurable la récupération des patientes et des patients est un enjeu central de la réadaptation. Entre la complexité des atteintes, la diversité des trajectoires et les enjeux liés au retour à l’autonomie, la réponse ne peut reposer uniquement sur l’expérience clinique. Elle s’appuie également sur la recherche, qui permet d’affiner les pratiques, de mieux comprendre les mécanismes de récupération et d’orienter les choix thérapeutiques.

En 2025, plusieurs avancées significatives ont illustré cette dynamique, qui fait partie intégrante de la mission des cliniques Suva. Dans le domaine des atteintes neurologiques, des travaux ont notamment exploré des approches innovantes telles que la stimulation non invasive de zones cérébrales profondes, avec pour objectif d’accélérer la récupération après un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme craniocérébral. Le projet européen SUN-XR a quant à lui permis de développer des solutions de réalité étendue combinant immersion visuelle et retours sensoriels, ouvrant de nouvelles perspectives pour la rééducation fonctionnelle.

Parallèlement, la prise en charge de la douleur a représenté un autre axe central. Une cohorte de patients atteints d’algodystrophie a été constituée et suivie sur deux ans, livrant des données précieuses sur l’évolution de cette pathologie complexe. Plusieurs études ont également été menées concernant l’utilisation des antalgiques, en particulier des opioïdes, afin de mieux comprendre leur impact sur les capacités fonctionnelles et d’adapter les stratégies thérapeutiques.

Ces exemples s’inscrivent dans un réseau de collaborations étroites avec des partenaires académiques et cliniques, parmi lesquels l’EPFL, l’ETHZ, l’UNIL, Balgrist, le CHUV ou encore les Hôpitaux de Paris. Ces collaborations prennent une forme particulièrement concrète avec l’intégration directe d’équipes de recherche au sein de la CRR, et la présence régulière de chercheurs de l’ETHZ dans notre clinique de Bellikon. Cette proximité favorise les échanges entre chercheurs et cliniciens, et permet de cibler directement les véritables besoins des patients. En effet, au-delà des résultats scientifiques, l’enjeu principal réside bien dans leur application pratique, afin d’affiner les outils d’évaluation, d’adapter les prises en charge et d’intégrer progressivement de nouvelles approches thérapeutiques. Une dynamique qui encourage une culture d’amélioration continue de la qualité des soins et qui contribue à optimiser la récupération fonctionnelle, l’autonomie et les perspectives de réinsertion.

Cet élan se poursuivra en 2026 avec le développement de projets d’envergure en collaboration avec nos partenaires, notamment dans le domaine des troubles neurologiques. La mise en place de cohortes à l’échelle suisse, ainsi que la poursuite de nos études sur les lésions médullaires, permettront de mieux caractériser les trajectoires de récupération et de développer une stratégie de prise en charge nationale. Par ailleurs, de nouveaux travaux s’intéresseront plus spécifiquement aux facteurs influençant le retour au travail, au plus près des réalités individuelles et des impératifs de prise en charge.

À travers ces différentes initiatives, la recherche menée au sein des cliniques Suva confirme son rôle essentiel dans le développement d’une réadaptation toujours plus personnalisée, interdisciplinaire et efficace.

 

Parcours patients Clinique romande de réadaptation

João

Depuis un accident de moto, João* suit avec courage un long processus de réadaptation au sein de la CRR. Entre deux stages, il a accepté de partager un peu de son vécu et de son quotidien.

(*Note de la rédaction : Le patient souhaite conserver l’anonymat. La rédaction lui a donc attribué le prénom de João.)

Originaire du Portugal, João est chauffeur poids lourds et vit en Suisse depuis huit ans. Le 9 octobre 2022, lors d’une balade à moto, il entre en collision avec un véhicule, chute et perd connaissance. À son réveil au CHUV, on lui annonce qu’il souffre de multiples fractures et d’un traumatisme crânien. Les examens révèlent une atteinte de la sensibilité au niveau du bassin, laissant entrevoir un long chemin de reconstruction.

S’ensuit un quotidien marqué par l’angoisse, les douleurs et plusieurs opérations. De retour à son domicile un mois plus tard, sa mobilité est fortement réduite et certaines fonctions corporelles demeurent altérées, nécessitant l’aide quotidienne de sa famille.

Après quelques semaines, João est admis à la CRR et entame sa réadaptation dans des conditions difficiles. Il marche avec peine et souffre de problèmes de transit qui lui font perdre confiance en lui. Son programme de soins se concentre sur ses besoins les plus immédiats pour apporter de la sérénité à ses journées rythmées par la physio, l’ergo, les exercices et la piscine. João insiste sur l’importance du soutien psychologique, essentiel pour accepter progressivement ses nouvelles limites.

« Si c’est pour mal faire les choses, je préférais ne pas les faire », confie-t-il. Une thérapeute explique à ce féru de snowboard que, si les pointes de vitesse et les acrobaties sont derrière lui, après son parcours, descendre une piste bleue sera une victoire et un frisson plus grand encore. C’est décidé, il remontera sur sa planche.

Après un séjour de sept semaines, João reprend son activité professionnelle. Cependant, les secousses et les longues heures passées assis s’avèrent trop douloureuses. Malgré le soutien de son employeur durant deux années éprouvantes, la reprise de son métier est impossible.

Un bilan est alors réalisé avec la Suva et João est à nouveau admis à la CRR. Grâce aux progrès qu’il a réalisés, il est désormais capable de prendre part à des exercices individuels plus soutenus. Après un bref séjour, il rejoint le Centre de compétences en réinsertion professionnelle pour envisager une reconversion. Il y revient sur son parcours de vie, ses études en électronique ou sa passion pour l’informatique. Ses limites sont réelles, mais son potentiel l’est tout autant.

Au sein de notre clinique, João explore différentes activités lors de stages internes de quelques jours. Horlogerie, machines CNC ou encore service technique : il se confronte à différents secteurs professionnels dans un cadre adapté, sans jugement, afin de préparer au mieux sa nouvelle orientation.
« Je ne souhaite ce parcours à personne, mais il n’y a pas de meilleur endroit pour le vivre », explique-t-il. De nature réservée, João a d’abord avancé seul dans sa réadaptation, avant de progressivement trouver appui auprès des autres patients, partageant jeux, karaokés et moments de vie collective qui nourrissent son cheminement. Au moment de clore notre entretien, il revient sur cet aspect humain, primordial selon lui. Un patient en réadaptation est avant tout une personne avec ses doutes, ses humeurs, ses difficultés. La présence quotidienne de professionnels bienveillants fait toute la différence. Les moments passés avec certains patients, devenus des amis, font partie de ses meilleurs souvenirs. 

L’histoire de João en dit autant sur sa capacité de résilience que sur le travail mené chaque jour à la CRR. Nous le remercions de l’avoir partagée, nous mesurons avec lui le chemin parcouru et lui souhaitons plein succès dans la poursuite d’une vie autonome et choisie.

João
Ancien patient

 

Parcours patients Rehaklinik Bellikon

David

Une seconde de malchance, mais que de la chance après

En cette matinée d’avril 2024, David Baumann travaille dans la forêt au-dessus de Goldiwil (BE). C’est l’une de ces journées que l’on qualifie volontiers de «parfaites»: bonne visibilité, chemins enfin praticables, discussion avec son frère au petit déjeuner, vue sur les montagnes. Quelques minutes plus tard, l’agriculteur de 46 ans se retrouve enseveli sous un sapin.

David se souvient de chaque détail. Du craquement du bois. De l’ombre qu’il aperçoit du coin de l’œil. De l’instant où l’arbre l’écrase au sol. «À partir de là, je n’ai plus eu que de la chance», déclare-t-il aujourd’hui. Une phrase étonnante quand on sait à quel point ses blessures étaient graves. En plus de multiples fractures aux côtes, aux jambes et à la tête, il a un nerf optique endommagé, les lombaires en mille morceaux, et plusieurs lésions aux muscles, aux ligaments et aux tendons.

Ce jour-là, David Baumann entretient la forêt avec son frère. Ils ont prévu d’abattre enfin un sapin en mauvais état qui, depuis des mois, constitue un risque pour les randonneurs. Ce commandant de sapeurs-pompiers expérimenté connaît les dangers. Il planifie des voies de fuite, vérifie chaque entaille, analyse le moindre mouvement. Mais la cime du sapin se rompt de manière inattendue et le percute de plein fouet.

«À Bellikon, il y a des personnes qui savent ce que l’on ressent»
Coincé sous le sapin, David est toujours conscient. Pendant que son frère s’empresse d’alerter les secours, il effectue une sorte de «contrôle fonctionnel» de son corps. Le pied gauche tordu, un bras blessé, suppose-t-il; au début, il n’éprouve aucune douleur. «Je me disais: une semaine d’hôpital, deux à la maison, et ce sera fini.»

À ce moment, il ne se doute pas que les choses se dérouleront autrement. La chaîne de secours se met en place en un temps record. «Quatre minutes après l’appel, la Rega était là», raconte David, encore surpris. Médecin urgentiste, police, sauvetage aérien: la coordination est parfaite. Tandis que d’autres évaluent autour de lui la gravité de son état, David garde son calme. Peut-être grâce à son expérience de pompier. Peut-être aussi tout simplement parce que c’est son caractère.

Les semaines initialement anticipées se transforment en mois. Et, finalement, il lui faudra plus de deux ans de convalescence et de réadaptation. Le séjour à la Rehaklinik Bellikon est particulièrement marquant. C’est là que commencent non seulement la guérison physique, mais aussi la confrontation psychologique avec l’accident. Pour David, Bellikon n’est pas juste une clinique: «Il y a là-bas des personnes qui savent exactement ce que l’on ressent.» Il explique que les discussions avec d’autres patientes et patients – souvent empreintes de beaucoup d’humour malgré des destins tragiques – l’ont aidé à surmonter les moments difficiles.

Retour à la réalité
«Quand je suis rentré de Bellikon et que j’ai vu tout le travail qui m’attendait, cela a été dur», révèle David. À l’époque, des remarques pourtant bien intentionnées comme «ça va revenir» le démoralisent plutôt. Il évoque avec beaucoup de gratitude son épouse Cornelia et leurs deux fils, ses voisins et ses collègues pompiers, sans oublier l’équipe thérapeutique qui l’a accompagné après la réadaptation. Toutes ces personnes l’ont épaulé, motivé et aidé à regarder vers l’avenir. En témoignent, lors d’une visite à Bellikon deux ans plus tard, les nombreuses rencontres chaleureuses avec des collaboratrices et collaborateurs de différents services. Ce nouvel élan, David ne l’utilise pas seulement pour reprendre une vie normale, mais aussi pour se lancer dans un nouvel engagement: il est le visage de la campagne de la Croix-Rouge suisse en faveur du don de sang. En effet, en ce jour d’avril 2024, il est subitement passé du statut de donneur à celui de receveur.

Son optimisme est intact. Malgré les opérations, les revers et les longs traitements qui restent nécessaires, même deux ans après l’accident. Et c’est peut-être précisément ce qui impressionne son entourage: quand il raconte son histoire, David ne parle pas de tragédie, mais de chance, d’entraide et de solidarité familiale.

Ou comme il le dit lui-même: «J’ai eu une seconde de malchance. Mais que de la chance après.»

David Baumann
Ancien patient